La grève du Borinage - 1932
Domaine contribuant à la reprise économique après la Première Guerre mondiale, les charbonnages étaient le deuxième secteur d'activité économique après la sidérurgie. Les salaires des mineurs étaient alors déterminés en fonction de l'évolution du prix du charbon industriel. La conjoncture de l'époque était d'ailleurs favorable.
Mais le Crash boursier de Wall Street en octobre 1929 a atteint l'Europe au printemps 1932, entraînant la mise au chômage de plus de 500 000 personnes. Certaines indemnisées, d'autres non. Les patrons charbonniers du Borinage annoncèrent une baisse unilatérale des salaires de 5 %, ce qui provoqua un premier mouvement de grève. Celui-ci démarra le 30 mai au Grand Trait et se propagea aux autres fosses alentours. Lorsque la baisse salariale eut lieu et que près de 500 licenciements au Levant de Mons furent annoncés le 22 juin, le mouvement prit de la force au point de devenir quasiment une insurrection lorsque, le 27 juin, le gouvernement décréta la diminution des allocations de chômage.
Le 4 juillet, les organisations syndicales socialistes organisèrent des manifestations de protestation dans plusieurs grandes villes du pays. Le 5 juillet, ce sont 35 000 personnes qui manifestèrent dans les rues de Mons, incluant des femmes qui, plus que quiconque, connaissaient la difficulté de gérer le budget familial. Le 6 juillet, le pays du Centre rejoignit le mouvement, suivi par le pays de Charleroi où le château du directeur des usines de La Providence à Dampremy fut incendié le 10 juillet. Les forces de l'ordre étaient en alerte et multiplièrent les interventions.
Les leaders socialistes et communistes s'opposaient. Les grévistes prenaient alors leurs quartiers dans les Maisons du Peuple, symboles alors du Parti Ouvrier Belge (POB). Les organisations syndicales tentèrent quant à elles de ramener les travailleurs au calme, mais le nombre d'ouvriers prêts à se mettre en grève ne cessait d'augmenter. La Maison du Peuple de Jolimont fut attaquée par les grévistes refusant d'écouter les syndicats. Les incidents se multiplièrent dans toutes les régions minières, un état de siège fut décrété et des gendarmes et militaires arrivèrent alors en masse pour quadriller les corons avant de reprendre la rue les 12 et 13 juillet.
Le POB lança un appel à la reprise du travail avec la promesse d'une augmentation de salaire de 1 % et d'un réembauchage complet. Les mineurs restants poursuivirent la grève jusqu'au 10 septembre.
Ces événements avaient mis en évidence les conditions de vie misérables dans lesquelles vivaient le peuple borain.
Source : DELFORGE Paul. (Institut Destrée) http://connaitrelawallonie.wallonie.be/fr/histoire/timeline/27-juin-1932-10-septembre-dix-semaines-de-greve-contre-la-misere-au-borinage#.Ykv5iOhBxPY